Indications pédagogiques
Indications pédagogiques
Le contenu et les objectifs des enseignements
destinés aux handicapés visuels et aux aveugles sont définis par référence à
ceux des élèves voyants. Ils doivent cependant intégrer des exigences
spécifiques telles que l'emploi de techniques palliatives ou l'éducation des
suppléances visuelles.
Alors que l'enfant déficient sera entraîné à exploiter au mieux les
informations visuelles restantes, l'enfant atteint de cécité complète recourra
à des compensations sensorielles lui fournissant les informations
nécessaires.
Il conviendra aussi d'assurer le développement de la faculté de s'orienter
et de se diriger, l'apprentissage de l'utilisation de moyens auxiliaires visant
l'indépendance dans les tâches journalières ainsi que l'apprentissage de
certaines modalités de communication et des interactions sociales.
Cependant, l'éducation de l'enfant déficient visuel ne peut se résumer en
une juxtaposition d'actes techniques : il s'agit de prendre en compte l'enfant
dans toutes ses potentialités malgré les limitations propres à son état.
Quelques recommandations pour les enseignants
- L'accueil en classe
- Dans la classe, placer l'enfant dans un lieu où il y a peu de
passage : la proximité d'une porte, le fait que quelqu'un puisse
arriver derrière, peut générer des inquiétudes car il ne peut, par le
regard, identifier immédiatement celui qui arrive. Il va falloir un
temps de réassurance et de remise au travail.
- Dans la classe, éviter de placer l'enfant face à une fenêtre. Il
sera vite ébloui et ne parviendra plus à utiliser les informations
visuelles restantes.
- Relation et communication
- Les enfants malvoyants ont un langage élaboré mais peu
d'imaginaire. Il est donc nécessaire de repasser par le concret dès
que possible pour les y aider (faire toucher l'objet).
- Un enfant malvoyant qui ne se tourne pas vers l'enseignant pour
écouter les consignes n'est pas pour autant un élève inattentif ou
dispersé mais le regard ne lui sert pas à soutenir son écoute.
- Tout le système de relation par le regard est difficile voire
impossible. On observe un grand besoin de communiquer par la parole.
Les enfants malvoyants sont davantage bavards.
- N'hésitez pas à solliciter l'élève malvoyant, à l'interroger, à
l'inciter à se rapprocher de la source d'informations. L'enfant
malvoyant ne peut avoir envie d'explorer ce qu'il ne voit pas
précisément.
- Le tableau
- Au tableau, il est indispensable d'écrire gros, d'éviter les lignes
trop longues.
- Si vous utilisez un tableau noir, il est préférable d'utiliser la
craie jaune.
- Il est indispensable d'oraliser au maximum en utilisant un
vocabulaire spatial précis, par exemple : J'écris les consignes
en haut à gauche du tableau.
- Les supports de travail
- Lorsque vous préparez les activités de lecture ou d'écriture,
veillez à ce que les supports soient visibles et lisibles.
Agrandissez dans des proportions raisonnables. Un document trop
agrandi multiplie les difficultés d'exploration visuelle et diminue
la quantité d'informations perçue par le regard. Si plusieurs
exercices figurent sur la même feuille, il est préférable de couper
la feuille en plusieurs parties et de proposer à l'enfant les
exercices les uns après les autres ou de plier la feuille pour isoler
chaque partie.
- Certains supports de travail ne doivent pas être agrandis : les
coloriages, les reconnaissances de figures géométriques, les
exercices de mesures et de tracés. Au contraire, il est préférable de
les diminuer.
- Repérer la typologie dans laquelle le sujet voit au mieux et la
garder en permanence tout au long de la scolarité. En général,
l'écriture en détaché permet le repérage le plus facile. L'écriture
cursive peut générer des confusions car la vision réduite ne permet
pas de distinguer le mot dans son ensemble.
- D'une manière générale, ne pas écrire au crayon de papier car le
contraste n'est pas suffisant. Préférez la couleur noire.
- L'enfant malvoyant est notablement plus lent que ses camarades dans
l'accomplissement des tâches écrites. Selon les objectifs visés, la
quantité de production écrite peut être limitée et remplacée par des
réponses orales.